Mécénat

Il y a juste quelques années, le nom d’Abou Dabi n’évoquait quasiment rien pour la plupart de nos compatriotes. Aujourd’hui, ce nom est étroitement associé à deux emblèmes français : le Louvre et la Sorbonne. Ces deux projets sont les fers de lance d’une relation culturelle et de coopération très dense entre la France et les Emirats. Pour autant, ils ne suffisent pas à répondre à l’attente qui est celle de ce pays, dont les dirigeants se sont fixés pour objectif d’en faire un pôle du savoir et de la culture, un « hub » international.

L’Institut français souhaite être un partenaire actif de ce grand changement, si rapide et ambitieux, et son conseil d’orientation stratégique a décidé, fin 2012, de faire d’Abou Dabi et Dubai deux priorités géographiques nouvelles « pour un investissement culturel renforcé ».

Les objectifs de l’Institut français sont de promouvoir la création artistique et le dynamisme culturel français aux Émirats arabes unis, tout en multipliant les passerelles d’échanges entre nos artistes et les artistes émiriens. Construire des ponts entre les cultures, aider à la connaissance mutuelle des civilisations sont autant d’ambitions de l’Institut français qui sont pertinentes dans un monde globalisé mais le sont encore plus aux Émirats arabes unis où plus de 120 nationalités cohabitent. La réalité mondiale est maintenant celle du cosmopolitisme dans les grandes places du monde et c’est un miroir que l’Institut français doit offrir dans sa programmation culturelle, en donnant l’image la plus moderne et dynamique de ce qui fait la France contemporaine, patrimoine historique compris bien sûr, en aidant aussi la scène culturelle émirienne à s’étoffer.

La culture, au sens le plus large, est bien l’affaire de tous, quels que soient nos métiers, nos secteurs d’activité, que nous soyons acteurs publics ou privés. Nous avons tous certainement conscience de l’impact positif que peut avoir le rayonnement culturel sur l’ensemble de nos activités, et singulièrement dans ce pays. Par delà tout, la culture, ce sont aussi des métiers, des industries (musique, arts visuels, cinéma, etc), qui jouent pleinement leur rôle dans l’économie, qu’ils et elles soient le terreau de l’influence ou aident à la promotion d’intérêts économiques concrets et directs. Pour ne prendre qu’un seul exemple, il est de l’intérêt de la France comme des Emirats arabes unis de développer ensemble une industrie cinématographique émirienne, avec des réalisateurs, des acteurs, en décelant des talents, en développant des circuits de commercialisation. C’est de l’intérêt des deux partenaires car on pourra multiplier les co-productions, les échanges artistiques et industriels.

Dans ce contexte, le rôle des entreprises, lorsqu’on parle de mécénat culturel, ne se réduit pas à une simple question de soutien financier. À travers leur engagement à nos côtés, c’est une vision partagée qui s’affiche, au service de valeurs et de causes d’intérêt général. De très nombreuses sociétés en sont aujourd’hui convaincues, qui enrichissent leur personnalité, se singularisent et s’ouvrent au monde en soutenant les arts, la culture, l’éducation, la diffusion de la pensée, le débat d’idées.

Car c’est d’influence dont il s’agit quand on évoque la diplomatie culturelle. Et la qualité, l’exigence de résultats, la minutie de nos prestations, les résultats d’audience sont nos mots d’ordre.

Avec chaque mécène, nous discutons au cas par cas des contreparties que l’Institut français peut offrir. C’est d’intérêt partagé qu’il est question : les entreprises mécènes peuvent trouver un sens à être associées à une démarche artistique française tout en étant acteur de collaborations avec des artistes et acteurs culturels émiriens.  Nous voulons croire que le mécénat rapporte autant qu’il nous apporte, en ouvrant un espace de dialogue entre le monde de l’entreprise et le monde de la culture.